Le Naturium · Caen

Mon chemin

Pas d’une vérité que j’aurais trouvée. D’un chemin que je continue de parcourir.

Alice Reveilliez

Je m’appelle Alice. Et je crois que mon chemin vers Le Naturium a commencé bien avant que je sache qu’il existerait un jour.

Petite, j’étais plutôt du genre rebelle. Sensible, souvent en colère, pas vraiment faite pour rentrer dans les cases. Je ne me sentais jamais vraiment « assez ».
Pas assez comme mes parents auraient peut-être aimé que je sois.
Pas assez comme la société semblait attendre que je sois.

Il fallait entrer dans une case. Je n’y suis jamais vraiment arrivée.

À l’école, j’étais plutôt moyenne. Puis je suis arrivée dans une filière professionnelle en arts graphiques. Et là, quelque chose s’est débloqué.
Parce que je faisais.
J’expérimentais.
Je voyais.
Je touchais.
Je fabriquais.
J’apprenais en faisant.

Bien plus tard, j’ai découvert que j’avais une façon d’apprendre très corporelle et expérientielle : on appelle ça être kinesthésique. Un petit « ah oui… » qui m’a fait regarder différemment toutes ces années où je m’étais demandé pourquoi je n’étais pas comme les autres.

La suite de ma vie a été assez dense.
Un enfant jeune.
Le travail.
Les études reprises plus tard.
Les responsabilités.
Les couples.
La nécessité d’avancer.

J’ai appris à me débrouiller.
À encaisser.
À résister.
À me battre quand il le fallait.
En mode guerrière, parfois.

Et puis il y avait cette sensibilité. Parce que quand on ressent beaucoup et qu’on ne sait pas quoi faire de ce que l’on ressent, on apprend parfois à se protéger de ce que l’on sent. Parce que sinon, ça fait trop mal.

Alors, pendant longtemps, ma souffrance intérieure m’a fait construire une armure.
J’ai appris à être dure.
À encaisser.
À ne pas montrer.
À me débrouiller seule.
À avancer, quoi qu’il arrive.

Et puis la vie adulte a continué.
Les enfants.
Le travail.
Les relations.
Les responsabilités.
Cette spirale infernale dans laquelle nous vivons parfois.

On n’a pas vraiment le temps de s’arrêter pour regarder ce qui se passe à l’intérieur. Alors on continue. On encaisse encore. Et encore. Et ce qu’on ne peut pas déposer quelque part, on finit parfois par l’encaisser en corps.

C’est beaucoup plus tard que j’ai commencé à comprendre que dans tous ces endroits où je m’étais protégée, certaines parts de moi étaient restées en attente. Elles n’avaient pas pu mûrir.

Et ça m’a donné envie de comprendre. De fouiller. De défricher. De chercher à comprendre comment nous fonctionnons.
Pourquoi nous réagissons comme nous réagissons.
Pourquoi nous répétons certaines choses.
Ce que nos émotions racontent.
Ce que notre corps raconte.
Ce qui se joue sous ce que nous montrons.

J’ai commencé à me former, notamment en naturopathie. Puis j’ai rencontré Jung et son idée d’individuation. Et là encore, quelque chose a fait « ah oui ».

Devenir soi.
Pas devenir une meilleure version de soi.
Pas devenir quelqu’un de plus sage, plus performant ou plus « évolué ».
Mais devenir progressivement soi-même, en allant aussi à la rencontre des parts que l’on avait mises de côté.

En parallèle, j’ai toujours eu une curiosité pour ce qui touche à la spiritualité. Mais j’ai dû faire beaucoup de tri là aussi. J’ai grandi dans un environnement très dogmatique et religieux, et ça m’a profondément marquée. Il m’a fallu déconstruire beaucoup de choses pour pouvoir retrouver une spiritualité qui soit vraiment la mienne. Une spiritualité qui ne me demande pas de devenir quelqu’un d’autre.

Et c’est aussi pour ça que je me méfie d’une certaine idée que beaucoup se font de la spiritualité. Celle où il faudrait être en paix, dans l’amour, dans la gratitude, avoir pardonné tout le monde et avoir suffisamment « travaillé sur soi » pour ne plus être traversé par la colère, la peur ou la tristesse. Je n’y crois pas vraiment.

Je peux être spirituelle et être en colère.
Je peux aimer profondément quelqu’un et lui en vouloir.
Je peux être reconnaissante et trouver certaines choses profondément injustes.
Je peux avoir peur, être susceptible, me planter, être de mauvaise foi, me fermer, dire non, ne pas pardonner tout de suite.

Je peux aussi être une connasse.
Une froussarde.
Une grande susceptible.
Complètement premier degré.

Et ça ne m’empêche pas de chercher la paix. Au contraire. Parce que la paix que je cherche n’est pas l’absence de conflit, d’émotions ou de contradictions. C’est peut-être plutôt la possibilité de ne plus être obligée de me battre contre tout ce qui existe en moi. De pouvoir regarder ce qui se passe. Reconnaître ce qui m’appartient. Voir ce que je rejoue. Et choisir, quand je le peux, ce que j’en fais.

Je peux être en colère et choisir de ne pas blesser.
Avoir peur et avancer quand même.
Être susceptible et apprendre à regarder ce qui s’est activé.
Avoir envie d’avoir raison et réussir, parfois, à écouter quand même.
Me sentir rejetée et vérifier que je ne suis pas simplement en train d’interpréter.
Être jalouse sans forcément transformer ma jalousie en accusation.
Avoir besoin d’être rassurée sans faire porter ce besoin entièrement à l’autre.
Me sentir blessée et prendre le temps de comprendre pourquoi, avant de réagir.
Dire non sans avoir besoin de me justifier pendant trois heures.
Poser une limite sans punir l’autre.
Reconnaître que quelque chose ne me convient plus, même si j’aurais aimé que ça fonctionne.
Admettre que je me suis trompée.
Dire « là, j’ai déconné ».
Revenir sur une parole.
Demander pardon.

Et parfois ne pas réussir à faire tout ça. Parce que je suis humaine.

Je ne cherche pas à devenir une personne parfaitement apaisée. Je cherche à être suffisamment consciente de ce qui se passe en moi pour avoir, de plus en plus souvent, un choix.

Et puis il y a quelque chose d’autre que j’ai compris en chemin. Se connaître ne signifie pas se retirer du monde. Nous sommes des êtres de relation.
Nous avons besoin des autres.
Du lien.
De l’amour.
Du désaccord aussi.
De la rencontre.
De ce que les autres viennent réveiller en nous.

L’introspection n’est pas une destination. Je ne veux pas passer ma vie à me regarder le nombril pour devenir une version parfaitement consciente de moi-même. J’ai envie de mieux me connaître pour pouvoir être plus libre dans mes relations. Pour pouvoir être davantage moi avec les autres. Pour pouvoir prendre ma place dans le collectif sans avoir à me trahir pour y entrer.

Ah, et il y a un truc que j’allais oublier. On m’a qualifiée récemment de « geek spirituelle ». J’ai ri. Mais c’est très juste. J’aime autant comprendre comment fonctionne une machine, un site web ou une intelligence artificielle qu’un état de conscience. Je bidouille, je teste, j’explore - des machines comme des pratiques. Chez moi, la technologie et le vivant ne se tournent pas le dos.

Et c’est probablement là que mes outils ont commencé à prendre leur vraie place.
Le souffle.
La musique.
La lumière.
Le mouvement.
La méditation.
Les états de conscience élargis.

Le Breathwork, notamment, m’a permis de revenir au corps, de sortir un peu du mental, de laisser circuler certaines choses que j’avais longtemps retenues. Mais il ne s’agissait pas seulement de « libérer ». Ces expériences m’ont aussi reconnectée à des ressources.
À ma sensibilité.
À mon intuition.
À ma créativité.
À mon rapport au vivant.
À cette sensation très simple d’être une humaine dans ce monde de fou.

Une humaine qui ressent.
Qui doute.
Qui désire.
Qui aime.
Qui se trompe.
Qui crée.
Qui apprend.
Qui recommence.

Et puis la vie m’a rappelé, encore une fois, qu’on ne choisit pas toujours ce qui nous traverse. Mais qu’on peut apprendre à ne pas fuir tout ce qui nous traverse.

Aujourd’hui, je peux accueillir davantage la joie comme la colère.
La tristesse comme la peur.
Le désir comme le doute.
La surprise, le dégoût, l’amour, la frustration.
Pas toujours très élégamment.
Mais avec moins de honte.
Et avec davantage de curiosité.

Je ne cherche pas à éliminer mes contradictions. J’apprends à vivre avec elles. Et à tendre, malgré tout, vers plus de conscience, de justesse, de liberté, de lien et de paix.

Aujourd’hui, faire cette forme de synthèse de mon parcours ne signifie pas que le chemin est terminé. Bien au contraire.
Je continue à questionner.
À expérimenter.
À me tromper.
À apprendre.
À changer d’avis.

Mais quelque chose s’est suffisamment rassemblé en moi. Je me sens suffisamment au clair avec qui je suis, avec ce que j’ai traversé, avec ce que je cherche encore et avec ce que je ne sais pas, pour pouvoir aujourd’hui proposer d’accompagner d’autres personnes sur certains de leurs chemins.

Pas parce que j’aurais trouvé la bonne manière de vivre.
Pas parce que j’aurais dépassé mes contradictions.
Pas parce que je détiendrais une vérité sur l’humain.
Mais parce que j’ai suffisamment expérimenté pour savoir ce que je peux mettre au service de l’autre.

Des espaces pour ralentir.
Pour ressentir.
Pour expérimenter.
Pour questionner.
Pour parfois regarder autrement ce qui se passe en soi.
Et pour trouver, chacun, son propre chemin.

C’est de là que vient Le Naturium. Pas d’une vérité que j’aurais trouvée. D’un chemin que je continue de parcourir. J’y suis juste un peu plus loin sur certains passages.

Assez pour accompagner.
Pas assez pour détenir une vérité.

Et c’est peut-être précisément là que j’ai envie d’être.

Avec vous.
Dans le vivant.
En chemin.

Merci à mes amis, pour votre soutien inconditionnel, vos vies qui m’inspirent, vos rires, vos forces, vos failles, vos conseils, de croire en moi quand il m’arrive d’être en proie aux doutes. Merci la vie pour les magnifiques rencontres d’âme qui me nourrissent… encore… et encore…

Merci à ma famille de m’avoir permis de croire en autre chose que la matière visible… à notre histoire qui m’oblige à me dépasser et à transmuter les croyances religieuses et sociétales de ce monde.

Et si vous veniez explorer ?

Vous n’avez pas besoin de savoir ce que vous allez trouver. Vous venez avec ce qui est là.

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